Exposition "Un Guide Andalou" de l'artiste Simohammed Fettaka au Comptoir des Mines Galerie

un guide andalou simohammed fettaka marrakech
Quand :
juillet 10, 2021 – octobre 10, 2021 Jour entier
2021-07-10T00:00:00+01:00
2021-10-11T00:00:00+01:00
Où :
62 rue yougoslavie
Marrakech 40000
Maroc

Comptoir des Mines Galerie accueille l’exposition “Un Guide Andalou” de l’artiste Simohammed Fettaka, vidéaste, photographe et performer basé à Marrakech. Un voyage dans l’histoire du Maroc et celle des arts, tout en nous immergeant dans ses propres recherches.

Dans cette exposition, Mohamed Fettaka convoque l’un des artistes majeurs de la peinture orientaliste au Maroc : Jacques Majorelle. L’artiste remplace par des miroirs les silhouettes des femmes « noires, qualifiées aussi de négresses par les historiens d’art de l’époque ». La série, qui maintient et fige les postures des modèles de Majorelle, met en exergue le traitement du corps africain « colonisé ». L’exposition aborde également d’autres thèmes et recherches autour des territoires, des enjeux géostratégiques de notre époque, et des liens entre les cultures à travers une déambulation dans les espaces du Comptoir des Mines.

Selon Simohammed Fettaka, l’idée initiale de cette exposition était de montrer des photographies de militaires français posant avec des femmes marocaines. Mais il a dû trouver une autre alternative. «Voir des soldats, l’arme en bandoulière, pratiquer des attouchements sur des femmes exposées comme des trophées, c’est violent. C’est cru. On est sur du crime de guerre. L’exposition a vocation à être ouverte à un large public».

«Les femmes peintes par Majorelle sont dans des postures tellement lascives qu’elles en deviennent improbables : affalées, tête penchée en arrière, mains dans tous les sens. On dirait des victimes de crimes ou d’accidents de la circulation, d’où le travail visant à mieux faire ressortir cette dimension».

Pour lui, actuellement l’Occident s’est déporté du corps, pour s’attacher à l’artisanat. D’où son recours aux motifs géométriques. Sans «blâmer» Jacques Majorelle qui intégrait son époque, Simohammed Fettaka mène une réflexion sur le «maintenant». Il pose des questions, comme «Où en est-on de ça ?», «Sommes-nous toujours ces corps disponibles et fantasmés par l’Occident ?»


Né en 1981 à Tanger, Simohammed Fettaka est un artiste pluridisciplinaire basé entre Paris, Tanger et Marrakech. Il intègre en 2007 l’Université d’été de la Femis (École nationale supérieure des métiers de l’image et son), et suit un master en Arts et Politiques à l’Institut d’études politiques de Paris.

En 2008, il fonde le Festival Cinéma Nachia avec la cinémathèque de Tanger. Il réalise des documentaires ainsi que des vidéos expérimentales qui questionnent de manière récurrente les rapports entre représentation, individualité et politique.

En 2013, il a gagné le prix «Coup de cœur» ARTE Creative, The Greatest Show On Earth, France.
En parallèle à son travail filmique, il développe une pratique en matière d’arts visuels, s’incarnant dans des séries photographiques, des collages, des installations, ainsi que des pièces sonores. Il est régulièrement exposé en France et à l’international.