Marrakech, la ville forteresse historique

Les remparts de Marrakech
© DR

Construits au 12ème siècle par Ali Ben Youssef de la dynastie Almoravide pour se protéger d’une éventuelle attaque des Almohades, les remparts de Marrakech servaient à protéger les habitants de la Médina qui avaient un couvre-feux imposé au coucher du soleil.

Une muraille faite de terre, de chaux et d’un mélange d’argile locale et calcaire appelé le “tabia” de couleur rougeâtre qui a valu à Marrakech le surnom de Ville Ocre.

Cette construction de près de 8 mètres de hauteur, qui s’étend sur 19 km de long, ponctuée de 200 tours tous les 35 mètres et percée de 22 portes d’accès a permit de fortifier la vielle ville et témoigne encore aujourd’hui de l’incroyable patrimoine architectural des nombreuses dynasties marocaines.

Les portes de la ville appelées “BAB” portent pour la plupart les noms des différentes tribus qui venaient à Marrakech pour s’y réfugier ou vendre leurs marchandises. Chaque porte raconte une histoire et l’architecture conservée de certaines en vaut vraiment le détour.

Bab Agnaou

Construite en même temps que les remparts, au XIIe siècle, Bab Agnaou est la plus anciennes portes de la Médina.

Son nom est une référence au peuple Gnaoua dit Agnaou en berbère, elle fut également surnommée dans ce sens, Bab El Kohl (portes des noirs). Plus tard sous les Almohades, on lui prête le nom de Bab El Qsar rappelant ainsi sa situation stratégique à l’entrée de la Kasbah de Yacoub El Mansour.

C’est aussi la plus jolie porte de la Médina. Elle comptait deux tours qui ont aujourd’hui disparu, mais on peut toujours admirer ses magnifiques arcs en pierres locales de couleur gris-bleu et ses versets du coran gravés en écriture koufique qui illustrent parfaitement l’art architectural islamique.

Bab Er-Robb

Joliment ornementée, cette porte de l’époque almohade est aussi belle que Bab Agnaou. Elle tient son nom d’une boisson obtenu d’un mélange de figue et de raisin, appelée “Er-Robb” ou “jus de raison”. C’est par cet accès et uniquement celui-ci que cette boisson alcoolisée, comparée à du vin cuit transitait. Bab Er-Robb servait donc de point de contrôle.

En 1310 sous le règne du sultan mérinide Abou Thabit, Bab Er-Robb fut la scène d’une pièce sanglante où 600 opposants mérinides ont été décapité et dont les têtes ont été exposées sur les vantaux de la porte pour servir d’exemples.