Et c’est amplement mérité. Peu connus pendant des décennies, l’art et la musique Gnaoua sont désormais inscrits au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Originaire du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne, l’art Gnaoua a été sacré jeudi dernier à Bogota (Colombie), lors de la réunion annuelle du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.
Venue des rites perpétués par les descendants d’anciens esclaves d’Afrique noire, associant rituels africains et culte des saints vénérés par les populations locales, l’art gnaoua se rapporte à un ensemble de productions musicales, de performances, de pratiques confrériques et de rituels à vocation thérapeutique où le profane se mêle au sacré. Un incroyable spectacle que vous pouvez apprécier sur la Place Jemaa El Fna.
Mais la musique Gnaoua a surtout connu un nouvel élan populaire grâce à la création, il y a plus de 20 ans, du Festival Gnaoua d’Essaouira, décrit comme le » Woodstock marocain « . Sa filiation africaine favorise les métissages avec le blues et le jazz, mais aussi le flamenco, le reggae ou encore la salsa. La ville d’Essaouoira est d’ailleurs considérée comme le temple de l’art Gnaoua, célébrant dans une atmosphère ultra cool une musique traditionnelle qui a séduit les plus grands.
Costumes colorés, acrobaties, instruments ancestraux, chants et incantations, les musiciens gnaoua jouent du Guembri, qu’on trouve principalement en Afrique du Nord. Un instrument à trois cordes composé d’un manche rond et d’une caisse de résonance en peau de dromadaire, accompagnés par des Qraqeb, des castagnettes en acier. Ils pratiquent un « rituel de possession thérapeutique sous forme d’une veillée de rythmes et de transe où se mêlent des pratiques africaines ancestrales, des influences arabo-musulmanes et des manifestations culturelles berbères autochtones.
Le nombre de groupes confrériques et de maîtres musiciens ne cesse de s’accroître dans les villages et les grandes villes du Maroc. Les groupes gnaoua forment des associations et organisent des festivals tout au long de l’année, ce qui permet aux jeunes générations de découvrir les paroles et les instruments ainsi que les pratiques et rituels liés à cette culture fascinante.
